Les bébés sont les plus menacés

En raison de leur taille et du moyen de transport choisi pour les promener, dans la majorité des cas la poussette, les bébés se retrouvent souvent le nez dans les pots d'échappement. On estime qu'ainsi placés, ils respirent 30 % de polluants de plus que les adultes. Pourtant, ils ont besoin d'un air de qualité, particulièrement à un moment de leur vie où leur appareil respiratoire est en plein développement. Ainsi, à la naissance, les poumons d'un bébé comptent de 25 à 50 millions d'alvéoles pulmonaires (cavités où s'effectuent les échanges respiratoires). À 3 ans, ils en possèdent

300 à 600 millions, soit 6 à 10 fois plus ! Cette multiplication ne peut se réaliser que si l'environnement est de qualité. Une fois constitué, ce « capital respiration » est immuable et ne peut plus être renouvelé. Vous pouvez penser que, de toute façon, votre bébé va forcément s'adapter à cet air vicié. Une notion contre laquelle les spécialistes s'érigent en faux. Ce n'est pas parce que votre enfant ne manifeste aucune réaction à son environnement qu'il n'en souffre pas. C'est aussi minimiser l'augmentation des maladies allergiques (dont l'asthme) constatée par les services hospitaliers, et celle-ci montre bien qu'il n'y a pas d'adaptation, bien au contraire.

Bébé des villes...

Devant ce phénomène, que pouvez-vous faire? Bien sûr, vous avez la solution d'éviter de sortir, notamment les jours de pics de pollution. Pour les autres, à vous de juger en fonction d'un certain nombre de caractéristiques. Choisissez de préférence les jours où il fait beau, mais pas trop. C'est paradoxal, mais c'est ainsi: ce sont les jours les plus ensoleillés et les moins venteux qui sont les plus dangereux. En effet, le soleil accélère la transformation chimique de certains polluants, les rendant plus agressifs. Le phénomène est amplifié, hélas, par « l'heure d'été » : les activités industrielles et la circulation automobile commençant plus tôt, la quantité de polluants primaires qui se transforment sous l'effet du soleil en polluants secondaires (les plus nocifs) est plus importante. Méfiez-vous également des jours de brouillard car il concentre les polluants dans ses gouttelettes. Pour sortir, préférez un temps sec, pas trop chaud, guettez également la moindre éclaircie après la pluie ou un moment qui suit une tempête car elles dissipent la pollution. Depuis peu, une nouvelle loi sur la qualité de l'air oblige les villes de plus de 100000 habitants à s'équiper d'un réseau de surveillance chargé d'avertir les préfets qui, à leur tour, devront prendre les mesures les mieux adaptées. Ces dernières consistent généralement à limiter la circulation automobile, responsable à elle seule de 70 % des rejets d'oxyde d'azote, de 12 % de ceux d'oxyde de soufre et de plus de 30 % d'ozone polluant l'atmosphère.

... et bébé des champs

Reste que, pour que votre bébé respire un bon air, il n'y a qu'une seule solution : fuir la ville le plus souvent possible. Mais sachez qu'il faut s'en éloigner d'au moins 50 km pour espérer respirer convenablement. Évitez simplement les embouteillages du retour, sinon le bénéfice de l'escapade risque d'être assez pauvre ! Et si vous partez en vacances, préférez la mer dont le climat est bénéfique pour les petits, car l'air marin chasse les polluants. Alternez avec des séjours à la montagne, où l'air est pur, à une altitude raisonnable de I 000 m, pour que votre bébé puisse en tirer le meilleur profit.

Que faire en cas de forte pollution?

Dans la mesure du possible, restez à l'abri et remettez la promenade de votre bébé au lendemain. Si la sortie est inévitable, remisez la poussette, car elle place votre bébé à la hauteur des pots d'échappement, et préférez le porte-bébé. Promenez-vous plutôt en début de matinée, lorsque la température est encore fraîche. Quand votre enfant sera plus grand, vous limiterez ses efforts, cela lui évitera de respirer trop de polluants. La recommandation est encore plus valable pour un enfant asthmatique, qui devra rester bien tranquille ! Enfin, si vous devez vous déplacer en voiture, évitez si possible les heures de pointe. La concentration de polluants y est particulièrement intense, et encore plus importante si vous êtes enfermée dans une voiture.

Allergie et pollution

Votre enfant peut réagir à toutes ces agressions : rhinite, toux, irritation des yeux et conjonctivite sont fréquentes, dans des délais variables... quelquefois même avant l'annonce du pic de pollution ou, à l'inverse, plusieurs jours après. La pollution ne provoque pas directement des allergies. Par contre, elle peut rendre les allergènes plus agressifs et augmenter toutes les manifestations allergiques. Votre tout-petit peut très bien déclencher une allergie (alors qu'il n'avait aucun antécédent) simplement parce qu'il est fragilisé par la pollution. Si votre enfant souffre d'asthme, il a toutes les chances de faire une crise beaucoup plus sévère les jours de forte pollution.