Il voit ses parents téléphoner fréquemment, mais rarement écrire. En outre, l'expression écrite exige davantage de rigueur que l'expression orale, qui peut être soulignée et nuancée par les gestes ou l'intonation. Elle est pour lui plus abstraite parce qu'elle s'adresse à un destinataire qui n'est pas présent. Il ne faut pas oublier non plus que, dans le cadre de l'école, l'enfant est placé dans une situation artificielle : il fait ses devoirs écrits à la demande d'un instituteur qui le corrige, voire le pénalise. Ce schéma ne correspond pas aux objectifs habituels de la communication écrite et peut sembler absurde à l'enfant.

• Un processus en trois étapes

L'acquisition de l'expression écrite, bien que variable selon les enfants, peut se diviser en trois phases essentielles. Lors de la première année d'apprentissage (à 6-7 ans), les mots sont mal découpés, les phrases courtes, rarement reliées entre elles, et il n'y a pas de ponctuation. Les travaux sont brefs (cinq ou six phrases) et les idées sont exprimées dans le désordre.

Au cours des trois années suivantes (de 8 à 10 ans), les phrases s'allongent, la syntaxe progresse avec l'apparition des circonstancielles et des subordonnées, et les mots sont nettement séparés.

Les travaux s'allongent pendant la cinquième année (10-11 ans) : l'enfant acquiert une bonne maîtrise de la syntaxe et parvient à exprimer des idées très diverses. Par la suite, il réussit à organiser une argumentation et commence à se forger un style personnel.

Pour enseigner l'expression écrite, deux types d'exercices sont souvent pratiqués : soit l'enfant apprend à s'exprimer correctement, en respectant les règles grammaticales et en choisissant les mots justes, soit il est invité à exposer plus librement des faits ou des idées précis. On oppose souvent la pédagogie traditionnelle, qui donne à l'enfant les « beaux textes » comme référence, et la pédagogie moderne qui repose surtout sur la rédaction de textes libres. Un équilibre entre ces deux approches est sans doute la meilleure des attitudes pédagogiques.

• Des difficultés de nature variable

Les difficultés rencontrées par un enfant dans l'apprentissage de l'écrit peuvent s'expliquer parfois par son environnement : si ses parents ne lisent ou n'écrivent jamais et vouent un attachement excessif à la télévision, il sera peu enclin à s'intéresser à la communication écrite. Mais ces difficultés peuvent aussi trouver leur origine dans une dyslexie dysorthographie qui serait jusqu'alors passée inaperçue. En effet, certains enfants réussissent, pendant l'apprentissage de la lecture, à compenser par leur intelligence leurs difficultés de déchiffrage. Ils n'apparaissent comme dyslexiques qu'au moment de l'apprentissage de l'écriture.