L'apprentissage de la propreté:

La période 18-24 mois est l'âge où la propreté commence à s'acquérir. Chaque enfant a son calendrier. La vie affective y joue son rôle : tel enfant jaloux d'un frère ou d'une sœur, ou triste parce qu'il ne voit pas sa maman ou son papa autant qu'il le voudrait, ou perturbé pour toute autre raison, se disciplinera plus tard qu'un autre. La propreté s'apprend par degrés : l'évacuation de l'intestin se maîtrise avant celle de la vessie, l'enfant se mouille encore la nuit après qu'il ait appris à ne plus se mouiller le jour.

Votre attitude aura aussi une influence : selon que vous serez impatients ou détendus, votre enfant apprendra plus ou moins facilement, plus ou moins vite à être propre. Pour vous aider, le mieux est de vous dire ce qui se passe dans le corps et dans l'esprit d'un enfant à l'âge où l'on devient propre. Etre propre, cela signifie, en somme : se rendre compte qu'on a besoin de vider son intestin ou sa vessie, et être capable d'attendre pour satisfaire ce besoin.

Pour cela, il faut :

* que le cerveau et le système nerveux aient atteint un certain degré de développement qui, normalement, se situe vers 18 mois, en tout cas après que l'enfant sait bien marcher ; que les muscles de l'anus et de la vessie soient assez forts pour maintenir les sphincters fermés. Ce qui est possible également vers 18 mois ;

* que la vie affective de l'enfant ne soit pas troublée. De cela, je vous parle longuement au chapitre 4 ; 1 bien entendu, il faut aussi que l'enfant soit capable de rester assis sur son pot cinq à dix minutes sans fatigue, ce qu'il ne peut faire au minimum avant un an (parfois même plus tard) ; avant cet âge il peut s'asseoir par terre, mais c'est bien plus facile que sur un pot.

L'apprentissage de la propreté commence en général à partir de 18 mois. Mais un enfant qui apprend à être propre à partir de 2 ans n'est pas en retard pour autant. Pour finir, deux mots sur le pot : il vaut mieux mettre l'enfant sur un pot indépendant, c'est-à-dire qui ne soit pas encastré dans un petit fauteuil pour qu'il ne confonde pas s'asseoir pour s'amuser ou se reposer, et s'asseoir pour faire dans son pot. Pour que l'enfant ne risque pas de tomber, choisissez un modèle bien stable. N'obligez pas l'enfant à utiliser le siège des W.C., inquiétant par sa taille et par le bruit de la chasse d'eau. Observez l'enfant : peut-être demande-t-il à sa manière? Souvent, l'enfant coopère de lui-même, mais les parents ne s'en rendent pas compte : votre enfant, quand il a un besoin à satisfaire, n'a-t-il pas un mot, une mimique, une attitude particulière? Certains grognent, d'autres s'accroupissent, un autre tire sur sa culotte, etc.

L'éducation de l'intestin:

Vers 18 mois, mettez l'enfant sur le pot à des heures régulières; l'enfant n'ayant qu'une ou deux selles par jour, vous repérerez vite l'heure à laquelle elles se situent. Vous le mettrez sur le pot à ces heures-là; ne donnez pas de suppositoire pour que l'enfant ait une selle sur commande : l'enfant risque de s'y habituer et de connaître les ennuis de la constipation;

- assurez-vous que l'enfant n'est pas constipé; les selles dures de la constipation font mal à l'enfant, et il s'habitue à « résister au pot ».

Combien de temps laisser l'enfant sur le pot ?

Dès qu'il a satisfait son besoin, retirez l'enfant du pot. Ainsi, il comprendra pourquoi vous le mettez dessus. Mais si au bout de dix minutes, il n'a pas fait dans son pot, c'est inutile d'insister. Ne faites pas du pot une menace, une brimade. Ne mettez pas l'enfant sur le pot pour le faire tenir tranquille. Enfin, lorsque votre enfant est installé, n'intervenez pas ; s'il vous voit attendre un résultat, il sera contracté et ne fera rien. L'éducation de l'intestin peut donc être commencée vers 18 mois ; il peut y avoir des résultats par à-coups, puis des rechutes.

L'éducation de la vessie:

Elle commence en même temps que l'éducation de l'intestin, puisque l'enfant est mis sur le pot, mais elle est plus longue à acquérir car la vessie se vide plus souvent que l'intestin. Voici quelques suggestions :

* habituez votre enfant dès son plus jeune âge à être au sec, en le changeant souvent ; ainsi, quand il sera mouillé, il sera mal à l'aise, il aura envie d'être propre ;

* mettez-le sur le pot régulièrement, par exemple après chaque repas ;

Ôtez-lui peu à peu ses couches pour lui mettre une culotte ; l'enfant qui mouille sa culotte est plus gêné que lorsqu'il mouille des couches qui retiennent une humidité tiède. Cela peut donc l'inciter à vous alerter à temps par crainte d'être mal à l'aise. Commencez par lui mettre une culotte, le matin (après l'avoir mis sur le pot). Si l'essai réussit, mettez-lui de nouveau une culotte après la sieste.

La culotte est pour l'enfant une promotion dont il est fier (« tu n'es plus un bébé ») et il se rend vite compte du rôle qu'il peut jouer lui-même pour rester sec. Félicitez-le chaque fois qu'il aura réussi à rester sec jusqu'à ce que vous le mettiez sur son pot. Cela dit, l'éducation de la vessie se fait par paliers. Là aussi, il y aura des rechutes, mais c'est en général entre 2 ans et 2 ans et demi que l'enfant est propre le jour.

A partir de 2 ans, le petit garçon peut uriner debout : il en sera fier, et cela peut faciliter l'apprentissage de la propreté.

Si l'enfant va à la crèche, les attitudes éducatives, l'âge de l'apprentissage, la tolérance peuvent être différents de ce qui se passe à la maison. Par exemple, la crèche aura peut-être tendance à mettre l'enfant sur le pot plus tard que vous, à lui laisser des couches plus longtemps car elle tient compte de l'ensemble du groupe. L'important est qu'il n'y ait pas de conflit entre vos demandes et celles du mode de garde qui l'accueille; il faut aussi que vous informiez de vos essais et de vos réussites les personnes qui s'occupent de l'enfant. Mais s'il y a échec, ne vous obstinez pas, et procédez comme la crèche, pour que l'enfant ne soit pas tiraillé entre des demandes différentes.

Et si l'enfant va chez une nourrice, vous confronterez vos expériences, vos réactions, et vous vous mettrez sûrement d'accord.

Faut-il lever l'enfant la nuit ?

Oui. Oui, mais... Non. Voilà comment on peut résumer révolution des pédiatres et des psychologues au cours de ces dernières années. On s'est en effet rendu compte qu'il est inutile de lever un enfant la nuit : l'enfant devient propre tout seul lorsqu'il a atteint un degré suffisant de maturité. C'est inutile et même nuisible de lever l'enfant, car non seulement il n'apprend rien, mais souvent il n'arrive pas à se rendormir.

Beaucoup d'enfants deviennent spontanément propres la nuit entre 2 ans et demi et 3 ans, quelques-uns le sont plus tard ; mais on ne peut pas parler d'énurésie avant 5 ans .

L'enfant qui refuse de faire dans son pot.

Il arrive parfois que des enfants refusent absolument de faire dans leur pot. C'est inutile de les forcer. Il s'agit simplement de cesser les séances du pot pendant quelque temps, puis d'essayer de nouveau et prudemment (seulement une ou deux fois par jour), à des heures régulières et pour quelques minutes seulement. C'est une question de patience...

L'enfant qui se retient.

Un peu plus tard, à partir de 3 ans, lorsque l'enfant se laisse totalement prendre par ses jeux, par ses occupations, il lui arrive de ne pas pouvoir s'en détacher, et de préférer se retenir plutôt que d'être dérangé en allant aux toilettes. Au lieu de sans cesse le « rappeler à l'ordre », et de créer une opposition inutile (« Va aux toilettes », « J'ai pas envie »), on peut expliquer à l'enfant, à un autre moment, l'importance des selles et la nécessité de les éliminer pour être en bonne santé. On est parfois étonné que l'enfant comprenne si bien des notions qui paraissent difficiles pour son âge. «As-tu pensé à te laver les mains?»

Dans la vie d'un enfant, l'apprentissage de la propreté a le sens particulier dont nous venons de parler : la maîtrise de la vessie et des intestins. Mais au sens strict du mot, l'apprentissage de la propreté peut aussi concerner les règles élémentaires d'hygiène. C'est bien aussi de donner l'habitude à l'enfant de se laver régulièrement les mains. Aujourd'hui les Français aiment se laver les cheveux, ils les ont brillants, soyeux, agréables à regarder. Pour les mains, c'est moins évident... Je pense en particulier qu'il est nécessaire de rappeler aux enfants qu'on se lave les mains en sortant des W.C., et avant de passer à table. Ce sont des habitudes à prendre très jeune.