Un enfant qui a besoin d'aide

Quels que soient la situation, l'âge ou le diagnostic, disons d'emblée que gronder, ridiculiser ou faire honte à un enfant qui mouille son lit ne l'aide en rien à régler son problème, mais peut entraîner le développement de sérieuses difficultés psychologiques. Ce qui ne signifie pas qu'il faille ignorer la situation et ne pas s'en préoccuper. L'enfant énurétique se sent le plus souvent honteux, ou anxieux face à un problème auquel il ne peut tien. Il refuse les invitations à dormir chez les copains et risque de perdre son estime de soi. Aussi faut-il essayer les différentes manières d'aider l'enfant.

Mieux connaitre l’énurésie

On ne peut légitimement parler d'énurésie avant l'âge de quatre ou cinq ans. Fréquente, elle concerne 10 % à 15 % des enfants et encore 4 % des adolescents. Elle touche deux fois plus souvent les garçons que les filles. Elle peut se présenter sous de nombreuses variantes :

* Enurésie diurne (de jour) : elle est liée à un besoin urgent d'uriner et à l'impossibilité de différer, ou énurésie nocturne (de nuit) : la plus fréquente, elle concerne 65 % des cas. C'est de cette dernière que nous traiterons ici.

* Enurésie primaire (de loin la plus fréquente) lorsque l'enfant n'a jamais été propre, ou énurésie secondaire, lorsqu'il recommence après une période de continence d'au moins six mois.

* Enurésie quotidienne (tous les jours), irrégulière (de temps en temps) ou intermittente (par périodes, liée à une perturbation affective particulière).

Avant de poser un diagnostic d'énurésie et de rechercher des causes psychologiques, il faut demander au médecin de s'assurer qu'il n'existe aucune cause physiologique ou médicale. Ceci est particulièrement vrai dans le cas des énurésies secondaires qui peuvent être dues à des infections urinaires. Ces causes-là éliminées, reste à comprendre pourquoi votre enfant n'est pas continent.

Les cause de l’énurésie

Elles sont nombreuses, diverses, difficiles à repérer et varient selon les auteurs. Elles se conjuguent entre elles, une cause pouvant se trouver estompée ou renforcée par une autre, aussi peut-on rarement se contenter d'une réponse simple. Voici, pour résumer, comment on peut classer les causes de l'énurésie.

Un facteur familial ou héréditaire

Sans que l'on sache bien pourquoi, il existe des familles d énurétiques, qui se transmettent également un sommeil très profond. Savoir qu'il est « comme papa au même âge » peut rassurer l'enfant sur lui-même et ses parents également, et donner une indication sur l'âge où cela cessera. Mais cela ne signifie pas qu'il faille se contenter d'attendre sans rien faire, car ce serait sous-estimer la gêne de l'enfant. D'une manière générale, plus une énurésie est ancienne, plus elle sera difficile à soigner.

Un facteur lié à la vessie

La cause de l'énurésie peut être physique sans pour autant être médicale. La vessie peut être plus petite que la normale ou la pression à l'intérieur supérieure, si bien que l'enfant a du mal à tenir une nuit entière. Le sphincter (le muscle qui tient la vessie fermée) peut ne pas être suffisamment fort. Dans ce cas, quelques exercices simples peuvent aider.

Un facteur lié au sommeil

Beaucoup d'enfants énurétiques ont un sommeil profond, ce qui ne suffit pas à expliquer qu'ils ne se réveillent pas (d'autres ont un sommeil profond et ne mouillent pas leur lit), mais cela n'aide certainement pas. Pour une raison que l'on ignore, ces enfants ne s'éveillent pas lorsque la vessie envoie au cerveau le message qu'elle est pleine. Si bien qu'ils ne se lèvent pas pour aller aux toilettes au milieu de la nuit, comme ce serait nécessaire pour eux.