Grossesse et médicaments

Ceux dont il faut se méfier :

• Les antalgiques banals, tels les anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène), sont susceptibles, à partir du deuxième trimestre, d'occasionner des atteintes rénales et cardiaques. L'aspirine peut encore provoquer chez la mère une hémorragie au moment de l'accouchement.

• Récemment, on s'est aperçu que des antidépresseurs pouvaient être toxiques pour les reins en fin de grossesse. De même, certains somnifères et tranquillisants perturberaient les mécanismes d'adaptation respiratoire et alimentaire.

• Les anxiolytiques et les tranquillisants : certains sont à éviter. Même chose pour les neuroleptiques.

• Parmi les vitamines, notamment de synthèse, sont à éviter : la vitamine A et dérivés ainsi que la vitamine D et dérivés.

• Les antibiotiques : particulièrement les tétracyclines, qui provoquent chez le bébé une coloration des dents.

• Parmi les vaccins, obligatoires, ceux contre la variole, la rubéole, la coqueluche, la poliomyélite, les oreillons ainsi que le BCG sont totalement contre-indiqués par voie buccale.

• L'isotrétinoïne utilisée dans les traitements des acnés sévères est particulièrement tératogène et interdit toute grossesse.

• Parmi les médicaments les plus connus pour leurs méfaits, il faut citer la Thalidomide® qui a provoqué des malformations des membres, le Distilbène®, responsable d'anomalies génitales chez les petites filles, et le Soriatane®, respon-sable de malformations fœtales. Il faut aussi faire particulièrement attention au bromure de calcium du Calcibronat® et du Neurocalcium®.

Bien lire la notice

Avant toute automédication, qu'il vaut mieux éviter, il est important de lire la notice ou de téléphoner au Centre d'information spécialisé IMAGE, hôpital Robert-Debré, Paris. Pour vous mettre en garde contre une utilisation intempestive des médicaments, vous pouvez trouver trois types d'informations sur la notice à l'intérieur de leur emballage, ou directement sur la boîte. « Contre-indiqué formellement » : son effet tératogène (qui entraîne une malformation embryonnaire ou fœtale) a été démontré; « contre-indiqué » : spécialité ancienne dont la non-toxicité n'a pas été prouvée mais supposée; « déconseillé chez la femme enceinte » : les études chez l'animal n'ont rien prouvé, mais le produit est trop récent pour que l'on soit sûr de son innocuité,

C'est pendant la période embryonnaire des trois premiers mois que se forment de nombreux organes. Leur développement risque d'être perturbé lorsqu'il y a prise abusive de médicaments. Bien que réel, le risque est cependant variable. Il dépend de l'étape précise du développement fœtal au moment de la prescription, et de facteurs génétiques qui modifient la sensibilité de l'embryon. Au cours de la période fœtale, et même à partir du début du deuxième mois, on peut redouter des malformations à la naissance telles que kystes, amputations; après la naissance, des retards psychomoteurs, des troubles du comportement ou troubles endocriniens. En revanche, en fin de croissance, l'effet toxique du médicament sur l'enfant est plus à redouter que des malformations. Ces médicaments sont dits tératogènes. Aujourd'hui, bien que les laboratoires ne puissent pas commercialiser un médicament avant de l'avoir expérimenté sur l'animal, sa toxicité sur le fœtus reste toujours difficile à préciser