Les gonades sont les glandes sexuelles - testicules chez le garçon et ovaires chez la fille -qui produisent les gamètes, ces cellules mâles (spermatozoïdes) ou femelles (ovules) permettant la reproduction. Cette production accrue d'hormones sexuelles est déclenchée par une partie centrale du cerveau, l'hypothalamus, qui reçoit les informations de tout le cerveau et se trouve en connexions avec une glande très particulière : l'hypophyse.

• L'apparition des caractéristiques sexuelles

L'hypothalamus joue le rôle d'une horloge interne. Silencieuse ou figée pendant toute l'enfance, cette horloge se déclenche à un moment donné pour stimuler l'hypophyse, qui commence alors à sécréter des hormones, les gonadostimulines, agissant elles-mêmes sur l'activité des glandes sexuelles. En quelques années, la production de testostérone chez le garçon va ainsi être multipliée par quinze, celle d'œstrogènes chez la fille, par dix. L'organisme des garçons d'ailleurs élabore lui aussi de petites quantités d'œstrogènes; pareillement, celui des filles génère une certaine quantité de testostérone (équivalente au tiers environ de celle pro¬duite par le garçon).

Par ailleurs, les testicules et les ovaires parviennent à maturité et commencent à produire, les uns des spermatozoïdes, les autres des ovules. Les hormones sexuelles, quant à elles, ont pour principal effet d'activer la croissance de très nombreux tissus de l'organisme. Elles provoquent en particulier le développement des diverses caractéristiques sexuelles, appelées caractères sexuels secondaires : apparition de poils sur le pubis chez les deux sexes, pilosité du visage et mue de la voix chez le garçon; naissance des seins chez la fille.

• Une croissance accélérée de presque tous les organes

Mais l'apparition de ces caractéristiques sexuelles n'est pas le seul effet spectaculaire du déclenchement de la puberté. L'augmentation rapide de la taille du corps et de sa masse générale en est un autre. Ce processus de croissance intense concerne tous les organes du corps, à l'exception du cerveau (qui a généralement atteint 95 % de son volume dès l'âge de 10 ans), à l'exception également des ganglions et des amygdales, dont la masse tend généralement à diminuer au cours de cette période.

Les organes qui, relativement à leur poids de départ, augmentent le plus sont les organes génitaux : chez le garçon, les testicules peuvent passer de 2 à 35 grammes ; chez la fille, l'utérus peut passer de 2 à 50 grammes.

De l'âge de 3 à 4 ans jusqu'à l'âge de 10 à 12 ans, la taille de l'enfant augmente régulièrement, en moyenne de 5 à 6 centimètres chaque année. La puberté vient soudain accélérer ce rythme de croisière. Au début, ce sont les os des membres inférieurs et des pieds qui grandissent le plus rapide¬ment, d'où cette silhouette «d'échassier» qu'ont bien souvent les jeunes adolescents.

Mais, en fait, la véritable poussée de croissance se fait, ultérieurement, au niveau de la colonne vertébrale, qui va prendre 8 centimètres par an en moyenne chez la fille et 10 centimètres chez le garçon. Les hormones sexuelles jouent là encore un rôle prépondérant, conjointement avec l'hormone de croissance.

• Différences morphologiques entre les filles et les garçons Les principales différences observées entre les filles et les garçons, hormis les différenciations sexuelles évidentes, concernent principalement la masse musculaire, la masse graisseuse et le squelette.

1. La masse musculaire. Pendant l'enfance, la masse musculaire augmente de façon identique chez les deux sexes. Au cours de la puberté, elle se développe de façon linéaire, c'est-à-dire régulière et continue chez les filles, alors que sa croissance s'accélère considérablement chez les garçons. En peu de temps, la force musculaire du garçon devient donc en moyenne beaucoup plus importante que celle de la fille. Entre 5 et 15 ans, les garçons produisent une fois et demie plus de cellules musculaires que les filles.

2. La masse graisseuse. Elle aussi se développe de façon identique chez le garçon et la fille avant la puberté. Puis au cours de la puberté, elle diminue chez le garçon (au profit de la masse musculaire). En revanche, elle augmente dans des proportions souvent importantes chez la fille, notamment au niveau des bras, des seins, des hanches et des fesses.

3. Le squelette. Du point de vue du squelette, la puberté entraîne un élargissement des épaules du garçon alors qu'elle provoque, chez la fille, un élargissement des hanches. Cette évolution du squelette, de la masse graisseuse et de la masse musculaire, différente selon le sexe, explique qu'à l'adolescence la morphologie du corps, c'est-à-dire son aspect général, se « féminise » chez les filles et se « masculinise » chez les garçons.

Les premières règles de la fille

Qu'elles surviennent à l'âge de 10 ou de 16 ans, les premières règles sont un événement capital de la puberté féminine. Une fille réglée à 13 ans n'est ni plus ni moins normale qu'une autre, mais elle a plus de chances d'avoir des amies qui font cette première expérience en même temps qu'elle. Cet avantage n'est pas négligeable, car, à l'âge des premières règles, les adolescentes éprouvent souvent le besoin d'échanger leurs impressions, de comparer leurs cycles, etc. Une fille réglée assez tôt ne pourra peut-être pas partager cette expérience avec ses cama-rades de classe. Inversement, une fille réglée tardivement se sentira à l'écart des discussions ou des préoccupations des « grandes ».

Le cycle menstruel soulève chez la jeune adolescente de nombreuses interrogations relatives à sa régularité, aux douleurs qui peuvent l'accompagner ou encore au choix d'une protection hygiénique. Pour toutes ces questions, il est important que la jeune fille trouve sur son chemin une personne de bon conseil, qu'il s'agisse de sa mère, d'une amie ou d'un médecin.