« Gliglo gliglo gliglo » est un son que se mit à prononcer mon fils aux alentours de 9 mois. La première fois, ce son me sembla vraiment rigolo. La deuxième fois, j'ai pensé qu'elle chantait.

Et puis j'ai réalisé que je l'entendais « gligloter » à chaque fois qu'elle tenait un livre à la main. Et là, j'ai tout compris, non sans une certaine stupéfaction ! Mon fils ne parlait ni ne chantait : il lisait ! À 9 mois, Mon fils lisait, assise sur un coussin, un livre en carton, à l'envers très souvent, entre les mains !

Dire qu'il « lisait » ne signifie pas, cela s'entend, qu'il déchiffrait les mots, mais plutôt qu'il imitait ses parents lui lisant un livre. Imperturbablement, sur un même ton monocorde et tout en tournant les pages, il « gliglolisait » avec délectation. il avait sans doute compris qu'à chaque feuille correspondait une phrase puisqu'il s'arrêtait de « lire » quand il tournait une page.

Cette découverte me conforta dans l'idée qu'il n'est pas idiot d'offrir un livre à un tout petit bébé. Cet objet se révèle très vite, et avant même d'être une porte ouverte sur l'imaginaire, un formidable créateur de lien entre bébé et le lecteur. On choisit un ouvrage, on prend le bébé contre soi, en ouvrant le livre on accède à un nouveau monde, on raconte ce que l'on voit et le bébé regarde l'image tout en écoutant la voix. Ce n'est pas rien ! C'est un échange. Un échange verbal, un échange d'émotions, un échange de chaleur.

Une relation sécurisante pour le bébé, blotti dans les bras de l'adulte qui tout à la/ois l'enveloppe et l'emmène dans l'aventure et la découverte.

Les bébés aiment aussi manipuler les livres. Certains d'entre eux ont des aspérités, tantôt douces, tantôt rugueuses, qui associent le sens du toucher à la lecture. Un peu de laine, du caoutchouc, du sable... Ces matières couchées sur le papier permettent à l'enfant d'entrer dans le livre aussi avec les doigts et non seulement avec les yeux.

De même, il n'est pas rare de voir, avant 1 an, un enfant faire an câlin à l'une des pages de son livre parce qu'une image le rassure ou lui/ait plaisir : celle d'un petit lapin, par exemple. Ou, à l'inverse, on peut le voir taper une page qui n'a pas grâce à ses yeux parce qu'y sont dessinés un loup, un chien méchant, un crocodile avec plein de dents !

Vous pouvez aussi imager les histoires en manipulant son doudou ou un nounours qu'il aime. Et là, bébé sera dans l'histoire et appreciera d'écouter.

Et quand le tout-petit a jeté son dévolu sur l'un d'eux, il peut le réclamer encore et encore jusqu'à ce que le lecteur, lassé de lire à haute voix, s'interrompe. « Lire à haute voix, c'est aller à la rencontre de soi et proposer à celui qui écoute soit une reconnaissance, soit une découverte, soit une énigme qui l'éveillera... Même si l'enfant ne comprend pas tout, la mélodie de la voix, son timbre, ses intonations, ses silences permettent à son intériorité de vibrer et de réagir à ces vibrations physiques comme mentales ». Le bébé vit la lecture de l'intérieur et quand un livre lui procure de bonnes sensations, il ne le lâche plus et en redemande.

Le Tapis d’éveil singe Monkey Donkey Babysun sera aussi un trés bon compagnbon d'aventure et d'histoire.

En « gliglolisant », mon fils avait découvert le moyen de retrouver par lui-même les sensations que lui procurait la lecture. Il s'était approprié l'objet de ses émotions. Et 7 ans après, cela dure encore.