Choisir ce qui est encore utile

L'amnésie infantile a donné lieu à différentes suppositions. L'enfant ne mémoriserait que ce qui lui est directement utile pour vivre, faisant instinctivement une sélection entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Ainsi, parmi les premières mémorisations se placeraient le besoin de s'alimenter et un certain « instinct de survie », comme l'aversion pour les goûts amers. Au fur et à mesure qu'il grandit, l'enfant mettrait en mémoire ce qui lui est indispensable pour progresser et se dépêcherait d'oublier ces différentes étapes pour ne garder que celles qui vont lui permettre d'apprendre encore et encore. Le refoulement des souvenirs est indispensable pour que l'enfant ne soit pas débordé par ses émotions et ses pulsions. Il semblerait donc que la mémoire de l'enfant et celle de l'adulte ne fonctionnent pas de la même manière.

Jeux permettant de faire travailler la memoire  basé sur un corps en forme de pomme de terre avec les éléments détachables à remettre en place. M. Patate : Le jouet incontournable de Playschool

Le rôle de l'inconscient

D'une manière générale, tout le monde possède au départ le même potentiel de mémoire. Après, tout serait question d'entraînement et de sollicitations. Le phénomène de la mémoire a suscité bien des théories. Pour Platon, notre cerveau s'emplirait d'informations tout au long de l'existence. Freud, lui, à partir de la constatation qu'il a pu faire que jamais deux personnes n'évoquent pareillement le même souvenir, a émis l'idée que nous nous souvenons avant tout de la manière dont nous avons réagi face à une image, à un événement, et que nous « oublierions » ce qui est contraire à nos intérêts. Les souvenirs désagréables ou tout au moins ceux qui nous dévalorisent seraient refoulés dans l'inconscient. Ils ne resurgiraient que dans certaines circonstances.

Un système de reconnaissance

Pour Gérard Edelman, prix Nobel américain, notre mémoire repose sur les catégories que crée le cerveau. Ainsi, le nouveau-né perçoit d'abord le langage globalement et mémorise des séquences vocales sans en comprendre le sens. Puis, peu à peu, il distingue les mots et enfin en apprend la signification. L'enfant agit ainsi avec toutes les innombrables informations que lui procurent ses sens lorsqu'il est en état de veille. C'est ainsi qu'il établit un système de reconnaissance à partir d'informations codées et stockées dans des unités cérébrales spécifiques.

Retrouvez les comptines de votre enfance, elles représentent un formidable entraînement à la mémorisation et à l'initiation aux notions d'espace et de temps.