Depuis des siècles, toutes les mères savent que leur nouveau-né les regarde, répond à leur voix et à leurs caresses, est attentif à leur sourire et noue avec elles un dialogue très riche. Pourtant les médecins ont attendu les vingt dernières années pour prendre conscience de ces faits, s'en occuper, et, les étudiant scientifiquement, faire franchir un pas considérable à la connaissance de ce que l’on appelle maintenant « les compétences précoces du bébé ».

Il y a vingt ans encore, en France du moins, on pensait que, jusqu'à deux mois, le bébé menait une vie purement végétative, dormant, faisant ses besoins, pleurant lorsqu’il avait sommeil ou faim, n'avant que peu de contact avec le monde extérieur. Rien n'est plus faux. Non seulement le bébé a des capacités considérables dès la naissance, suite des aptitudes intra-utérines dont nous avons parlé, mais il développe des contacts étroits et fructueux qui commencent à façonner son esprit, son caractère.

J’ai moi-même découvert ces faits, il y a vingt-cinq ans. Lors de la naissance de ma fille. Je suis arrivé à la maternité une heure et demie après l'accouchement qui s'était passé très facilement, et elle était déjà couchée dans son berceau à côté de sa mère. Lorsque j'ai ouvert la porte de la chambre, en parlant, elle a ouvert les yeux et m'a regardé. J'étais déjà pédiatre chevronné, mais personne ne m'avait appris qu'un bébé de cet âge regardait. Et ce fut ma première interrogation à propos de ces problèmes.

Or l'éveil, l'évolution quotidienne d'un nouveau-né sont des sujets fascinants, pouvant passionner tous les jeunes parents. S'y intéresser, au jour le jour, est une garantie de nouer avec son enfant des liens et une relation de bonne qualité.