Le sport occupe une place grandissante dans nos sociétés, et les enfants n'échappent pas à cet engouement. Les nombreuses structures existantes permettront d'initier votre enfant pour son plus grand bonheur. Quelle que soit la constitution de votre enfant, sauf rares exceptions, il est apte à pratiquer un sport. Tout symptôme inhabituel doit faire, bien sûr, l'objet d'une consultation. Une fois rassurée sur son état général, encouragez-le à faire du sport.

L'éducation sportive ne doit pas être réduite à un simple défoulement, c'est une pédagogie à part entière. L'enfant y développe des qualités qui lui serviront plus tard: le goût de l'effort, du dépassement de soi, celui du partage. Une bonne approche de l'activité sportive appelle toutefois quelques mises en garde.

Natation et vélo : des pratiques indispensables

Qu'il n'aime pas le sport ou qu'il soit attiré par une discipline sportive peu répandue, veillez avant tout à ce que votre enfant apprenne au moins à nager et à faire du vélo. Au plaisir qu'il ne manquera pas d'y trouver s'ajoutent d'autres enjeux d'importance : physiques dans un premier temps, psycho¬logiques ensuite. Les risques de tomber à l'eau par accident ne sont pas rares, surtout pendant les vacances. Essayez donc de convaincre votre enfant d'apprendre à nager, même s'il n'a pas souvent l'occasion de se baigner : il y va de sa propre sauvegarde. En outre, faire de la natation, comme faire de la bicyclette, développe l'ensemble de la musculature, la capacité respiratoire, l'endurance cardiaque et la coordination des mouvements.

Les aspects psychologiques ne sont pas négligeables non plus. Il est dévalorisant de ne savoir ni nager ni faire du vélo passé un certain âge alors que les camarades font cela si naturellement. De plus, c'est tellement plus difficile et, parfois moins amusant, à apprendre lorsqu'on est adulte.

À quel âge commencer un sport?

Des initiations sportives sont proposées dès le plus jeune âge, mais, avant 3 ans, il ne peut être question de sport à proprement parler. L'enfant de 2 ans sait taper dans un ballon; vers 2 ans et demi ou 3 ans il peut découvrir la luge et le ski sur des petites pentes douces, ce qui lui permet de coordonner des gestes techniques et d'utiliser un matériel. Entre 3 et 6 ans, le jardin d'enfants ou l'école maternelle éduque la motricité de l'enfant avec l'escalade d'obstacles, les jeux de ballon, les exercices d'équilibre, de contraction des muscles, etc.; plus tard, l'école prend le relais. Des structures sportives spécialisées accueillent également les jeunes enfants (à partir de 6 ans) très motivés. Très sélectifs, ces clubs visent d'emblée à faire de l'enfant un champion et sont animés par une politique de résultats.

Le « bon » âge pour aborder un sport varie en fonction du sport choisi (voir tableau ci-après) et du degré de maturité physique et psychologique de l'enfant. Certains sports comme l'équitation ou le judo sont à déconseiller avant 6 ans, car la colonne vertébrale et la musculature sont encore fragiles. Quoi qu'il en soit, avant toute pratique sportive, il est fortement recommandé de faire passer un examen médical à votre enfant.

D'autre part, l'enfant doit être apte à comprendre et à suivre les règles du sport en question et à se plier à sa discipline - et en avoir envie. Un enfant refuse souvent de faire du sport par manque de motivation ou par anxiété. Il y a mille façons de présenter une activité sportive adaptée. C'est affaire de psychologie : faites-le de manière attrayante. Faites valoir, par exemple, les bénéfices physiques (devenir fort) et psychologiques en jouant sur son image de marque vis-à-vis de ses camarades, sur la possibilité pour lui de se faire des ami(e)s.

Sachez le rassurer aussi. Discutez de ses réticences et de ses souhaits surtout, car, en cette matière, il est essentiel qu'il choisisse lui-même son activité sportive. Seule sa motivation, en faisant appel à son goût du jeu, donnera à l'enfant le plaisir de se dépasser pour progresser et gagner.

Le sport de compétition

Passionné de sport, votre enfant veut devenir un champion. Cependant, la meilleure volonté et la plus parfaite stabilité émotionnelle ne lui suffiront pas pour s'imposer dans la discipline qu'il s'est choisie. Dans un premier temps, un bilan médical permettra de faire le point sur ses aptitudes afin de l'orienter vers le sport qui lui convient le mieux

• Les qualités du futur champion

Cinq qualités physiques sont absolu¬ment requises pour pouvoir faire de la compétition.

1. L'endurance. C'est la capacité de maintenir un effort prolongé ou répété d'intensité modérée.

2. La force musculaire. C'est la force nécessaire pour vaincre la résistance opposée par un engin ou par le poids de son propre corps.

3. La coordination. C'est la faculté de faire face à des changements de situation imprévisibles.

4. La rapidité. C'est la réalisation d'une action dans le laps de temps le plus court possible.

5. La souplesse. C'est la flexibilité des articulations, qui permet d'exécuter un mouvement avec l'amplitude articulaire la plus grande.

• Un nécessaire équilibre entre les sports Il importe de veiller à la complémentarité ou à l'incompatibilité des sports entre eux. La natation et l'athlétisme sont ainsi des activités complémentaires à tous les sports de compétition, car ils font travailler le corps dans son entier : c'est la base de l'entraînement.

1. Sport individuel et sport collectif. L'enfant qui pratique un sport individuel tel que l'escrime doit s'efforcer de s’exercer de façon complémentaire dans un sport collectif tel le football.

2. Sport symétrique et sport asymétrique. L'enfant qui pratique un sport «asymétrique» comme le tennis, qui fait travailler toujours la même partie du corps au détriment de l'ensemble, doit consacrer du temps à une discipline « symétrique » comme la natation, la course à pied, les sports de ballon à la main tel le volley. Si la pratique exclusive d'un seul sport est toujours à éviter, le cumul de sports qui contraignent la même partie du corps est à proscrire (équitation plus escrime ou judo, par exemple, pour la colonne vertébrale).

3. Sport d'intérieur et sport d'extérieur. Un sport pratiqué en salle, par exemple la gymnastique ou le judo, sera compensé par un autre en plein air : bicyclette (cyclotourisme), golf, etc.

Des dangers à éviter

L'organisme de l'enfant en pleine croissance est fragile. Il ne doit pas être soumis à des efforts trop intensifs et répétés, d'autant qu'ils s'ajoutent au travail scolaire. De la même façon, si votre enfant est doué dans une discipline particulière, il faut éviter la spécialisation trop précoce. Sachez résister à la pression d'un entraîneur zélé en songeant qu'à l'âge adulte des séquelles peuvent apparaître, vestiges d'un entraînement excessif, contraignant, douloureux, et d'un espoir ruiné (seul 1 enfant sur 1 000 possède des capacités sportives supérieures à la moyenne. Enfin, en gymnastique, il ne faut surtout pas engager l'enfant dans la compétition trop tôt sans avis médical.

Le sport et l'enfant atteint d'un handicap de santé

Les enfants atteints de maladies cardiaques ou respiratoires, de diabète, d'infirmités motrices ou neurologiques font l'objet d'une surveillance médicale régulière. Les spécialistes qui les suivent veillent aussi à l'équilibre entre les exigences psychologiques et physiques des efforts imposés et les capacités d'adaptation de l'enfant. L'entourage familial et scolaire de l'enfant handicapé fait preuve à son égard d'une sollicitude telle qu'elle engendre souvent une surprotection. Or cette attitude, aussi compréhensive soit-elle, développe fréquemment tout un système d'interdits, touchant notamment à l'activité sportive.

Pourtant, hormis certaines maladies graves évoluant en période particulièrement vulnérable (croissance, adolescence), rares sont les cas où une activité sportive adaptée, exercée de façon raisonnable et sous contrôle médical est absolument impossible. Malgré son handicap, l'enfant arrive parfois à réaliser des performances qui le valorisent et l'épanouissent en lui rendant la vie plus agréable, en brisant l'isolement social ou scolaire dont il souffre. En outre, il n'est pas rare qu'une activité sportive bien choisie concoure à améliorer son état, par exemple en se substituant partiellement à un traitement kinésithérapie ou en favorisant l'efficacité du traitement médicamenteux dont l'absorption par l'organisme peut se trouver facilitée.