Ils oublient ou ignorent qu'exprimer sa résistance permet non seulement à l'enfant de mesurer l'espace et l'influence qui lui reviennent, mais l'aide également à s'adapter aux contraintes de la vie. Comprendre et accepter ses propres limites, comme celles imposées par le monde extérieur, représente un formidable pas en avant. Et savoir prendre appui sur ces contraintes permet de les intégrer sans avoir à se renier.

Savoir exprimer puis relâcher sa résistance permet notamment d'apprendre l'art de la patience.

De nombreuses études ont montré que les enfants qui acceptent l'idée de ne pas obtenir immédiate¬ment ce qu'ils convoitent réussissent mieux dans la vie. Mais faut-il la science pour nous en convaincre ? Il suffit de regarder autour de soi pour constater que les gens qui réussissent sont ceux qui s'arment de courage et de ténacité pour atteindre leurs buts. Ils ne jettent pas l'éponge au moindre contretemps. Us ne sont pas du genre à enterrer leurs désirs ou à ignorer leurs besoins pour peu que la vie ne consente à les exaucer sur-le-champ. Au contraire, les embûches qui parsèment leur chemin leur permettent de rebondir avec une énergie et un enthousiasme décuplés.

C'est ce mélange de persévérance et de patience qui permet de vivre heureux même lorsqu'on n'obtient pas tout ce qu'on demande. Quand les enfants sont capables de baisser la garde, ils apprennent peu à peu à accepter la nécessité des choses. Ils admettent les limites qui leur sont imposées dans un esprit de coopération et de sagesse, avec foi en l'avenir.

Paradoxalement, c'est notre possibilité de résister qui nous rend plus souples. Et c'est en prenant conscience des réalités de la vie que nous pouvons mesurer nos marges de manœuvre. Ce qui non seulement apaise nos angoisses, mais renforce notre détermination à changer ce qui peut l'être.